Leçon 5: Le combat de groupe

Généralités

Le groupe d’une dizaine de personnes est l’association de quelques binômes regroupés ou non dans des équipes en vue de remplir des missions simples de sûreté et de défense, dans le cadre d’un élément plus important ou de façon autonome.

Le chef de groupe peut donc commander directement à des chefs d’équipe ou à des binômes.

Pour mieux faire saisir l’importance de la coordination du FEU et du MOUVEMENT dans toute action conduite par le groupe, il est apparu cependant souhaitable d’étudier dans ce document, le groupe agissant ISOLÉ et formé de deux équipes.

Un des chefs d’équipe est alors responsable de la « fonction » MOUVEMENT, l’autre est responsable de la « fonction » FEU.

Le chef de groupe coordonne et module le FEU et le MOUVEMENT par les ordres et les moyens qu’il donne à chacun de ses chefs d’équipe.

Tout sous-officier, sans distinction d’arme ou de service, doit pouvoir commander ce groupe, apte à recevoir une mission contre blindé dès qu’il est doté d’une arme antichar.

Rôle du chef de groupe

Premier combattant du groupe, le chef est un guide et un exemple.

Il doit être capable :

– de comprendre la mission reçue ;

– de concevoir l’action à entreprendre pour la mener à bien ;

– de donner les ordres correspondants et conduire l’action.

Pendant l’action :

– il commande ses chefs d’équipe et coordonne leur action feu et mouvement ;

– soucieux d’épargner la vie de ses hommes, il combat en permanence en sûreté ;

– encadré, il maintient la liaison avec son chef ;

– en permanence, il renseigne et rend compte.

Les ordres et les compte rendus

Après avoir reçu sa mission et avant de l’exécuter, le chef de groupe doit la COMPRENDRE et CONCEVOIR l’action à entreprendre pour la mener à bien. Il doit ensuite savoir COMMANDER à bon escient et d’une façon aussi simple que possible pour être à son tour COMPRIS de ses subordonnés. Il doit enfin tenir son chef informé de la situation ou de son évolution afin de pouvoir recevoir les nouveaux ordres ou le soutien dont il a besoin.

• Pour conduire sa réflexion, il s’aide d’un guide de raisonnement tactique.

• Pour commander il exprime des ORDRES ou des

COMMANDEMENTS.

• Pour renseigner son chef, il utilise des COMPTES RENDUS.

Le guide de raisonnement tactique

Les données de base de l’action du groupe sont les suivantes :

– le cadre espace-temps est toujours extrêmement limité ;

– le groupe n’agit que dans un seul compartiment de terrain ;

– l’action à mener est toujours simple et le nombre de solutions réduit ;

– l’utilisation des moyens est basée sur l’emploi d’une ou deux armes maîtresses :

– arme antichar lorsque l’ennemi est blindé,

– FM contre des personnels.

Il apparaît donc que les facteurs essentiels doivent être pris en considération SIMPLEMENT, de façon à ne pas encombrer l’esprit du chef de groupe obligé d’agir vite en raison de la proximité de l’ennemi : ce sont la MISSION d’une part, l’ensemble ENNEMI-TERRAIN d’autre part.

Le tableau de la page suivante permet au chef de groupe de conduire concrètement un raisonnement adapté à son niveau et donne un exemple pratique : « défendre un poste de combat ».

Les ordres

L’ordre préparatoire (éventuel).

Précédant l’ORDRE INITIAL et le raisonnement qui y conduit, l’ordre préparatoire a pour but, lorsque cela est possible, de gagner du temps sur la mise en condition du groupe. Il est donc éventuel et dans de nombreux cas se limitera à la formule :

« Dispositions de combat ! »

Il arrivera cependant qu’il puisse être plus élaboré et aura alors la contexture d’ensemble ci-dessous qui permet de ne rien oublier :

P – Personnel mis sur pied …………………………

A – Armement emporté ………………………………

T – Tenue des hommes ………………………………..

R – Radio : préparation du matériel éventuel.

A – Alimentation : en fonction de la durée probable de la mission.

C – Camouflage.

D – Divers.

R – « Rassemblement dans un tel délai ».

L’ordre initial.

Le raisonnement qu’effectue le chef de groupe au reçu d’une mission, aboutit naturellement à l’ordre initial.

Cet ordre met les chefs d’équipe dans l’ambiance du combat, leur exprime la mission que le groupe va remplir et donne à chacun le rôle qu’il va tenir pour l’accomplissement de cette mission.

Il contient les paragraphes suivants :

S SITUATION – Ennemie. (très simple et brève) – Amie.

M MISSION – Le chef fixe ou répète les termes de la mission à remplir par le groupe.

E EXÉCUTION – Articulation des équipes.

– Mission de chaque équipe.

– Conduite à tenir en cas d’incident.

P PLACE DU CHEF DE GROUPE

– afin que chacun sache avec qui se trouve celui qui les commande.

P PLACE DU GROUPE

– uniquement lorsque le groupe combat dans le cadre d’un élément plus important : le chef définit alors la place occupée par le groupe dans ce cadre.

Les commandements en cours d’action.

Ayant commencé l’action en fonction de son ordre initial, le chef de groupe doit ensuite conduire cette action ; il est donc amené à donner des commandements pour se déplacer, pour s’arrêter et pour stationner.

Commandements pour donner une mission dynamique.

S’adressant au chef d’équipe, le chef de groupe commande :

M – Mission précise de l’équipe.

O – Objectif.

I – Itinéraire à suivre.

C – Conduite à tenir :

– en cas de rencontres avec ENI ;

– en fin d’action.

P – Place du chef de groupe.

Place des autres personnels du groupe.

Commandement pour se déplacer.

S’adressant à ses chefs d’équipe, le chef de groupe commande :

D – Direction ……………….. Générale et lointaine, pas forcément visible sur le terrain.

P – Point à atteindre …. Point précis et visible des chefs d’équipe.

I – Itinéraire ……………… Le chef impose l’itinéraire à suivre.

F – Formation ………………

1er cas : en colonne, telle équipe en tête, distance tant de mètres entre les équipes.

2e cas : en ligne, telle équipe à droite (ou à gauche), intervalle tant de mètres.

3e cas : en colonne double, telle équipe à droite (ou à gauche), intervalle tant de mètres.

« Je suis avec telle équipe, en avant ! ».

Commandements pour s’arrêter et stationner.

Commandement pour s’arrêter.

Le chef de groupe commande simplement, de préférence par geste :

« Halte ! ».

S’il veut privilégier une direction particulière d’observation, il ordonne :

« Face à telle direction, formation (ce peut être en ligne ou même en formation), halte ! ».

Commandements pour stationner.

Z – Zone d’installation des équipes entre tel et tel point.

M – Mission précise impartie aux équipes.

S – Secteur de surveillance : entre tel et tel point.

P – Point particulier à observer : le chef de groupe désigne les points du terrain où l’ennemi peut apparaître.

C – Conduite à tenir :

– conditions d’ouverture du feu ;

– modalité d’alerte ;

– signaux, etc.

P – Place du chef de groupe dans le dispositif (si le groupe n’agit pas seul, le chef précise la place des éléments amis voisins).

Il est à noter, en outre, qu’en cas de changement de sa

MISSION en cours d’action, le chef de groupe est amené à donner un NOUVEL ORDRE. Celui-ci sera donc, en fait, de nouveau un ORDRE INITIAL et il en aura la contexture.

En cas de changement de situation et lorsque sa MISSION n’est pas modifiée, le chef de groupe est amené à donner un ordre en cours d’action qui ne comporte alors que les seules rubriques de l’ordre initial concernées par le changement.

Enfin, tout au long de l’action, le chef de groupe aura à redresser des erreurs ou à donner des impulsions (direction, distances, intervalles, etc.). Il le fera à la voix ou, de préférence, au geste sans autre prescription que d’être efficace, bref et précis.

Le combat du groupe

Dans le cadre de sa participation à la sûreté et à la défense d’un dispositif, le groupe doit pouvoir remplir un certain nombre de missions.

Au cours de ces missions, le chef de groupe est appelé à AGIR en appliquant des procédés de combat qui sont une somme, successive ou simultanée, d’actes élémentaires.

Le chef de groupe enfin, face à l’imprévu, à l’incident inopiné, doit pouvoir RÉAGIR.

Ces procédés et ces actes élémentaires sont mis en application au cours des actions suivantes :

– le poste de surveillance ;

– le poste de combat ;

– l’interception d’un ennemi en mouvement ;

– la reconnaissance d’un point ; – la sûreté immédiate d’un petit détachement en véhicule.