Leçon 6: Le combat de la section

Généralités

La section est organisée, autour d’un élément de commandement, en deux ou trois groupes sensiblement identiques dont l’équipement est fonction de l’arme d’appartenance.

Le rôle du chef de section

Guide et exemple pour ses subordonnés, le chef de section doit être capable de :

– comprendre la mission reçue dans son esprit comme dans sa lettre ;

– concevoir de façon raisonnée l’action à entreprendre pour la mener à bien ;

– donner des ordres précis, complets et concis ;

– conduire l’action :

– en commandant ses chefs de groupe et en coordonnant leur action FEU et MOUVEMENT,

– en ayant en permanence le souci de la sûreté,

– en maintenant la liaison avec son chef pour renseigner, rendre compte, demander des appuis si nécessaire.

Quelle que soit sa mission au combat, la section accomplit en permanence un nombre réduit d’actes élémentaires collectifs qui peuvent être regroupés en trois familles :

– se déplacer ;

– s’arrêter et tomber en garde ;

– employer ses armes.

Le combat de la section

Dans le cadre de sa participation aux missions de défense et de sûreté, la section est apte à remplir, face à un ennemi à la mesure des moyens du détachement et dans un environnement courant du champ de bataille, les missions ci-après :

1) Assurer la sûreté d’un stationnement.

2) Assurer la sûreté d’un déplacement à pied ou en véhicules et reconnaître un point particulier.

3) Défendre un groupe de maisons dans une localité.

Assurer la sûreté d’un stationnement

« Assurer la sûreté d’un stationnement s’applique aussi bien à la sûreté propre d’un élément donné qu’à la sûreté d’un autre élément qui peut lui être confiée.

« Les principes à appliquer restent les mêmes dans les deux cas. Seuls sont modifiés les volumes à y consacrer.

« Dans ce contexte, le chef de section a toujours le souci d’éviter la destruction des personnels et des matériels dont il a la charge en choisissant un terrain peu accessible aux blindés, offrant des vues, des possibilités de tir et de camouflage aux vues terrestres et aériennes. »

Pour remplir sa mission, le chef de section effectue les actions suivantes.

Assurer la sûreté d’un déplacement à pied ou en véhicules

La section peut être amenée à se déplacer en zone d’insécurité. Elle doit, dans ce cas, assurer sa propre sûreté et en particulier s’éclairer.

Elle peut en outre recevoir pour mission d’assurer la sûreté d’un petit élément se déplaçant soit à pied, soit en véhicules.

Il s’agira alors pour le chef de section, toujours soucieux de s’éclairer vers l’avant, d’accomplir les actions suivantes :

– reconnaître un axe ;

– reconnaître un point.

La sûreté de la section en déplacement, à pied ou en véhicules, repose essentiellement sur :

– sa formation qui doit toujours lui permettre, en cas de rencontre avec l’ennemi, de garder le maximum d’éléments disponibles ;

– son articulation qui doit lui permettre :

– de s’éclairer largement vers l’avant,

– de se couvrir face à une direction dangereuse,

– d’utiliser à tout moment un élément au profit d’un autre.

La section progresse de point d’observation en point d’observation, selon le rythme qui lui a été prescrit.

Défendre un groupe de maisons dans une localité.

En raison du développement actuel de l’urbanisation, les localités sont appelées à jouer un rôle de plus en plus important en cas de conflit. Elles constituent un milieu privilégié pour le combat défensif. Dans le cadre de ses missions de sûreté, la section doit être capable de défendre un groupe de maisons.

Pour le chef de section, il s’agit de coordonner l’action de ses groupes installés en postes de combat progressivement transformés en réduits si les délais le permettent.

Avant l’action, le chef de section étudie rapidement :

– le milieu : possibilités offertes par les maisons à défendre (abords, ouvertures, caves, greniers ; inventaire des matériels pouvant servir à la protection : meubles, matelas…) ;

– les possibilités de l’ennemi :

– voies d’approche,

– postes de tir possible.

Il en déduit un plan de défense comportant :

1) Une phase (éventuelle) de tirs au plus loin pour affaiblir l’ennemi ;

2) Une phase de combat aux abords visant à interdire à l’ennemi l’accès des murs et des ouvertures de chaque maison (tirs de toutes les armes, pièges, grenades) ;

3) Une phase de combat à l’intérieur des maisons ;

4) Une phase de repli (éventuel) si les ordres le précisent.

Il fait entreprendre les travaux nécessaires dès que le plan de défense est arrêté et prévoit des emplacements de rechange.

Ces travaux comprennent :

– aménagement des positions de tir (les armes automatiques et armes antichar (1) doivent pouvoir tirer dans toutes les rues aux abords) ;

– aménagement d’emplacement de rechange ;

– aménagement ou renforcement d’abris ;

– constitution de barricades et d’obstacles antichars ;

– piégeage des abords (après autorisation) et marquage des pièges ;

– aménagement de communications, abritées si possible, discrètes, signalisées entre les différents groupes ;

– aménagement d’itinéraire de contre-attaque d’un groupe au profit d’un autre, ou de l’élément réservé du chef de section.

Il donne son ordre en insistant sur le système d’alerte, la conduite à tenir et les conditions du repli compte tenu que chaque groupe risque de se trouver isolé pendant le combat.

Il vérifie que chaque chef de groupe a établi ses consignes, si possible par écrit, et que tous les hommes les connaissent. Par ailleurs, il s’attache à ce que sa section connaisse parfaitement les lieux et puisse circuler dans sa zone d’action en évitant les endroits battus et les pièges.

En cours d’action, le chef de section :

1) Rétablit inlassablement son dispositif dès qu’il est entamé (contre-attaques).

2) Surveille les consommations en munitions et en vivres.

3) Veille tout particulièrement au moral des hommes.

S’il a reçu une mission de défense à temps, au moment du repli, il veille particulièrement à la sûreté de ses flancs et exécute son mouvement par échelons.