Leçon 7: Dispositif explosif improvisé

Engin explosif improvisé

Définition 

Les engins explosifs improvisés (EEI) ou engins explosifs de circonstance1,2 (EEC) (en anglais : Improvised Explosive Device, IED) sont principalement employés lors de conflits asymétriques par les forces terroristes, de guérilla ou par des commandos.

Ce type d’armes existe depuis l’invention de la poudre à canon. Depuis l’intervention américaine de 2003 en Irak, les médias mentionnent souvent ce type d’armes, également connues sous le nom de pièges explosifs, de mines ou de bombes artisanales.

Généralités

Véhicule piégé désamorcé en Irak. La charge est composée d’obus d’artillerie et de bidons de carburant.

Un EEI est un engin positionné ou fabriqué de manière artisanale et incorporant des composants chimiques explosifs, incendiaires ou toxiques. Il est conçu pour détruire, handicaper, ralentir ou distraire. Il peut incorporer des éléments provenant d’arsenaux militaires (par exemple une grenade), mais le plus souvent il est composé d’un assemblage de pièces non militaires.

L’EEI consiste typiquement en une charge explosive, une charge d’amorçage, un détonateur et un système soit mécanique, soit électronique de mise à feu. Il existe de nombreux types d’engins explosifs improvisés, souvent assemblés à partir d’éléments hétéroclites.

La plupart du temps, les EEI sont de conception rudimentaire et n’explosent pas au moment voulu, ou pas du tout. Toutefois, certains groupes sont connus pour avoir produit des engins sophistiqués à partir de munitions militaires (souvent des obus d’artillerie) et d’éléments disponibles dans le commerce, tels que des téléphones mobiles pour les systèmes de mise à feu… Le degré de sophistication dépend de l’ingéniosité du constructeur, des outils et matériaux disponibles.

Ce type d’EEI sophistiqué est principalement porteur d’explosifs brisants. Il existe cependant la menace que de tels engins soient combinés avec des éléments toxiques chimiques, biologiques, ou radioactifs (voir bombe radiologique) qui augmenteraient grandement leur puissance destructrice et leur effet psychologique.

Les EEI sont parfois camouflés en objets d’apparence anodine et aussi placés à bord de véhicules tels que voitures, camions et bateaux pour perpétrer attentats-suicides et assassinats.

Fonctionnement

Les principes de base du déclenchement d’un engin explosif improvisé sont l’un ou la combinaison des trois suivants :

Déclenchement piégé

L’engin explose par la manipulation, le contact ou la proximité d’un individu ou d’un véhicule. Un mécanisme caché fait exploser la charge ; plusieurs forces peuvent intervenir dans ce mécanisme de mise à feu, par exemple : tirer, pousser, relâcher la pression, tendre. Certains engins piégés font aussi intervenir les forces électromagnétiques dans leur déclenchement (exemple : l’engin explose lorsqu’un objet métallique se trouve à proximité).

Déclenchement à retardement

L’engin explose après une durée déterminée fixée par une horloge mécanique ou électronique, voire une réaction chimique.

Déclenchement contrôlé

L’engin explose sous l’action d’un opérateur, celui-ci pouvant se trouver soit en contact direct avec l’engin (exemple : ceinture explosive), soit à distance. Dans le second cas l’engin est télécommandé le plus souvent par fil, radio (exemple : téléphone mobile), ou infrarouge.

Détection et désarmement d’un EEI

Comme il s’agit d’engins non conventionnels, il n’existe aucune procédure précise pour les désamorcer, les démineurs préfèrent donc souvent les détruire lorsqu’ils ne se trouvent pas en zone urbaine peuplée. De plus, la possible présence d’éléments toxiques ou radioactifs requiert des précautions particulières. Ainsi les chars de déminage sont de peu d’utilité car ces engins sont disséminés et non concentrés en champs de mines, les engins de type Husky VMMD ont été développés dans ce but.